Clé SSH : comprendre et sécuriser

Réponse courte

Une clé SSH est un couple de fichiers, l'un public et l'autre privé, qui authentifie une connexion à un serveur distant sans mot de passe. La clé publique est déposée sur le serveur, la privée reste chez l'utilisateur. La sécurité repose entièrement sur le fait que la seconde ne circule jamais.

Ce qu'est une clé SSH et pourquoi elle remplace le mot de passe

Une clé SSH est une paire de fichiers : une partie publique déposée sur le serveur, une partie privée qui reste sur le poste. L'authentification prouve la possession de la partie privée sans jamais la transmettre.

L'avantage sur le mot de passe est immédiat : rien de devinable ne circule, et une attaque par essais successifs devient sans objet. C'est pourquoi la connexion par mot de passe est désactivée sur la plupart des serveurs correctement configurés.

L'inconvénient est ailleurs : une clé privée est un fichier. Elle se copie, se sauvegarde par erreur dans un dépôt, se transmet entre collègues. Ce qui protège devient alors ce qui expose.

Une clé privée doit être protégée par une phrase de passe. Sans elle, quiconque obtient le fichier obtient l'accès, sans autre obstacle.

Le vrai problème : les clés qu'on oublie

Une clé déposée sur un serveur y reste jusqu'à ce que quelqu'un la retire. Après quelques années et plusieurs prestataires, personne ne sait plus à qui appartiennent les clés autorisées.

Le fichier des clés autorisées s'allonge à chaque intervention et ne se raccourcit jamais spontanément. Un départ de salarié ou une fin de contrat ne déclenche aucune suppression automatique.

La conséquence est un accès permanent accordé à des personnes qui ne travaillent plus pour l'entreprise, souvent sans qu'aucune trace ne permette de le savoir.

C'est le point que révèle un inventaire : les clés sans propriétaire identifiable sont presque toujours plus nombreuses que ce que l'équipe imaginait.

La discipline qui évite la dérive

Une clé par personne et par machine, jamais de clé partagée, une phrase de passe obligatoire, un inventaire daté, et une révocation systématique au départ.

La clé partagée entre plusieurs personnes détruit toute traçabilité : on sait qu'une connexion a eu lieu, jamais qui l'a faite. C'est le premier réflexe à supprimer.

L'inventaire consiste à associer chaque clé autorisée à un nom, une machine et une date. Ce document tient sur une page et rend la révocation possible.

La révocation au départ doit figurer dans la procédure de sortie, au même titre que la restitution du matériel. Sans cela, elle dépend de la mémoire de quelqu'un.

Questions fréquentes

Une clé SSH est-elle plus sûre qu'un mot de passe ?

Oui sur le principe : rien de devinable ne circule et les attaques par essais successifs deviennent sans objet. Mais une clé privée non protégée par une phrase de passe donne un accès complet à quiconque obtient le fichier.

Que faire quand un salarié ou un prestataire part ?

Retirer sa clé publique de tous les serveurs, immédiatement. Rien ne se fait automatiquement : une clé déposée reste valide jusqu'à suppression explicite. Cette étape doit figurer dans la procédure de sortie.

Comment savoir quelles clés sont autorisées sur nos serveurs ?

En inventoriant les fichiers de clés autorisées de chaque machine et en associant chaque entrée à un nom, une machine et une date. C'est le seul moyen de repérer les clés orphelines, presque toujours plus nombreuses qu'attendu.

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