Début novembre 2026, le responsable produit grand public de ChatGPT a affirmé que l'outil traite environ un cinquième du volume de requêtes de Google. Les mesures indépendantes situent plutôt ChatGPT entre 3 % et 12 % de Google. Dans les deux cas, ChatGPT est devenu un canal de recherche qu'une PME ne peut plus traiter comme marginal.
Qu'a annoncé OpenAI, exactement ?
La phrase vient d'Adam Fry, responsable produit grand public de ChatGPT, rapportée par Alex Kantrowitz dans la newsletter Big Technology le 3 novembre 2026. Selon lui, le volume de requêtes « de type recherche » adressées à ChatGPT représente désormais à peu près un cinquième du volume de Google.
Sa définition de la recherche est large : tout ce pour quoi un utilisateur serait allé, auparavant, sur un moteur de recherche classique. Le même article indique que ChatGPT est passé de 1 milliard à 1,2 milliard d'utilisateurs actifs hebdomadaires en 60 jours.
Ce qui manque compte autant que ce qui est dit. Aucun volume absolu, aucune période de référence, aucun pays. 24/7 Wall St. le souligne : OpenAI est une société non cotée, son chiffre n'a fait l'objet d'aucune vérification indépendante, et la notion de requête « de type recherche » n'est pas définie précisément. La suite de l'entretien, derrière un paywall, ne permet pas de savoir comment OpenAI compte les relances successives d'une même conversation.
Un chiffre d'éditeur reste un chiffre d'éditeur. Il faut le confronter aux mesures externes.
Que disent les mesures indépendantes ?
Trois estimations externes reviennent dans les analyses. Elles s'appuient sur les données d'usage publiées par OpenAI et des chercheurs de Harvard (environ 1,5 million de conversations), puis divergent sur la manière de les classer.
| Source | Date | ChatGPT en part du volume Google | Méthode |
|---|---|---|---|
| OpenAI (Adam Fry) | Novembre 2026 | Environ 20 % | Déclaration, sans méthode publiée |
| Ahrefs (Patrick Stox) | Mars 2026 | 11,86 % (18 % en brut) | Reclassement des usages ChatGPT, comparaison à 13,7 milliards de recherches Google par jour |
| Peec AI (Malte Landwehr) | Octobre 2025 | 4 % à 12 % | Données d'usage OpenAI et hypothèses de taux de clic |
| seoClarity (Mitul Gandhi) | Septembre 2025 | 3 % à 8 % | Modèle sur les seuls abonnements grand public, données de juin 2025 |
L'analyse d'Ahrefs est la plus lisible. ChatGPT traitait environ 2,5 milliards de requêtes par jour en juillet 2025, contre environ 13,7 milliards de recherches quotidiennes pour Google. Le ratio brut donne 18 %. Après avoir retiré les usages qui ne relèvent pas de la recherche (rédaction, code, conversation), l'auteur retient 65 % des requêtes, soit environ 1,6 milliard par jour et 11,86 % de Google.
seoClarity arrive à environ 1 milliard de recherches par jour dans son scénario central, soit 3 % à 8 % de Google, en précisant qu'il s'agit d'une comparaison modélisée et non d'une part de marché mesurée. Peec AI, éditeur d'un outil de suivi de visibilité IA, conclut à une fourchette de 4 % à 12 %.
Le chiffre d'OpenAI se place donc en haut de la fourchette. Il est aussi le plus récent : les estimations externes reposent sur des données de mi-2025, avant la croissance revendiquée de ces derniers mois.

Pourquoi les chiffres varient-ils du simple au sextuple ?
Parce que personne ne compte la même chose. Quatre choix de méthode font bouger le résultat.
- La définition de la recherche. Dans l'étude OpenAI et Harvard reprise par Ahrefs, 24 % des messages relèvent de la recherche d'information pure, et 51,6 % entrent dans la catégorie plus large des demandes. Selon le périmètre retenu, le volume double.
- Le découpage des conversations. Une recherche Google tient souvent en une requête. Dans ChatGPT, la même intention s'étale sur plusieurs messages. seoClarity applique un coefficient de 1,2 à 1,4 message par tâche de recherche ; OpenAI ne dit pas s'il en applique un.
- Le périmètre d'abonnement. seoClarity ne compte que les offres grand public. Les usages en entreprise n'y figurent pas, et l'auteur reconnaît qu'ils pourraient relever le total.
- Les recherches que personne n'a demandées. ChatGPT lance souvent une recherche web de lui-même, pour un message qui n'en réclamait pas. Faut-il la compter ? Chaque méthode tranche à sa façon.
Ajoutez à cela des dates de collecte qui s'étalent sur plus d'un an, et l'écart entre 3 % et 20 % n'a plus rien de mystérieux. Aucune de ces estimations n'est fausse. Elles ne mesurent simplement pas le même objet.
Le débat sur le pourcentage exact intéresse surtout les analystes financiers. Pour un dirigeant, la conclusion utile tient en une phrase : même l'estimation la plus prudente place ChatGPT à environ un milliard de recherches par jour.
Le volume monte, le trafic ne suit pas : faut-il s'en inquiéter ?
C'est le point que les annonces d'OpenAI laissent de côté. Sur les 76 000 sites suivis par Ahrefs Web Analytics, Google apporte 39,98 % du trafic et ChatGPT 0,21 %. Un rapport d'environ 190 pour 1. Le taux de clic estimé de ChatGPT est de 1,30 %, contre 29,20 % pour Google.
Ces deux constats ne se contredisent pas. Ils décrivent un canal où la réponse remplace la visite. L'utilisateur demande quel cabinet consulter, quel logiciel choisir ou quel artisan appeler, et il obtient un nom, parfois deux ou trois. Il clique rarement. Il retient.
Mesurer ChatGPT avec les indicateurs de trafic hérités de Google revient à conclure que le canal ne pèse rien. C'est une erreur de lecture. La bonne unité de mesure est la mention de marque dans les réponses : votre entreprise est-elle citée, dans quels termes, et face à quels concurrents ?
Le mécanisme ressemble à celui que Google a installé avec ses résumés IA. Une partie croissante de la décision se prend avant le clic, dans un texte que l'entreprise n'a pas écrit. La différence tient à l'échelle de la réponse : là où Google affiche encore une page de liens sous son résumé, ChatGPT donne souvent une recommandation unique, formulée comme un conseil.
Une PME qui ne regarde que Google Analytics ne verra jamais les prospects qu'une réponse de ChatGPT lui a envoyés, ni ceux qu'elle a orientés ailleurs.

Qu'est-ce qui décide si ChatGPT cite votre entreprise ?
Deux couches, l'une technique, l'autre sémantique.
La couche technique : être lisible par le bon robot
OpenAI documente trois robots distincts dans sa page dédiée aux crawlers. GPTBot collecte des contenus pour l'entraînement des modèles. ChatGPT-User agit à la demande d'un utilisateur. OAI-SearchBot alimente les fonctions de recherche de ChatGPT. OpenAI l'écrit sans ambiguïté : un site qui bloque OAI-SearchBot n'apparaît pas dans les réponses de recherche de ChatGPT, hors simples liens de navigation.
Les réglages sont indépendants. Une entreprise peut refuser l'entraînement (GPTBot) tout en restant visible dans la recherche (OAI-SearchBot). Il arrive qu'un hébergeur ou un pare-feu bloque les deux par défaut, sans que l'entreprise l'ait décidé. Le sujet est détaillé dans l'article sur les trois politiques possibles face aux crawlers IA. Comptez environ 24 heures entre une modification du robots.txt et sa prise en compte, selon OpenAI.
La couche sémantique : être une entité sans ambiguïté
Être accessible ne suffit pas. Pour citer une entreprise, le modèle doit savoir qui elle est, ce qu'elle fait, où, et pour qui. Il recoupe le site, les annuaires, les avis, la presse locale, les fiches professionnelles. Si la raison sociale diffère du nom commercial, si l'adresse varie d'une source à l'autre, si l'offre est décrite en termes vagues, le modèle hésite. Et un modèle qui hésite cite quelqu'un d'autre.
C'est l'objet de l'ingénierie des entités : construire l'identité mathématique de l'entreprise, c'est-à-dire un ensemble cohérent de faits (nom, activité, zone, dirigeants, offres, preuves) déclarés en données structurées sur le site et confirmés à l'identique ailleurs. La formulation de la question compte aussi : la même marque n'obtient pas la même réponse selon que l'utilisateur demande un avis, une comparaison ou une recommandation, comme le montre l'analyse du sentiment de marque selon la question posée.
Que faire ce trimestre ?
Pas besoin d'attendre que le chiffre exact fasse consensus. Le canal existe, il grossit, et il se travaille.
- Vérifier l'accès. Ouvrir le robots.txt et la configuration du pare-feu. OAI-SearchBot doit être autorisé si l'entreprise veut figurer dans la recherche de ChatGPT. Le choix sur GPTBot est distinct et relève de la souveraineté des données.
- Interroger ChatGPT comme un prospect. Une vingtaine de questions réelles, celles que posent les clients avant d'acheter : « quel prestataire pour… à Bordeaux », « alternative à… », « avis sur… ». Noter qui est cité, et dans quels termes.
- Aligner les faits. Même nom, même adresse, même description d'activité sur le site, la fiche Google, les annuaires professionnels et les réseaux. Une incohérence suffit à faire préférer un concurrent mieux décrit.
- Déclarer l'entité. Données structurées Organization ou LocalBusiness complètes, avec identifiants stables et liens sameAs vers les profils officiels.
- Mesurer autrement. Suivre la part de voix dans les réponses IA, pas seulement les sessions. Un canal à 1 % de clic se pilote à la citation.
Le pourcentage annoncé par OpenAI sera discuté pendant des mois. La question qui compte pour une PME est plus simple : quand un prospect demande à ChatGPT qui choisir, votre nom sort-il ? Le Diagnostic IA de Watizi y répond, requête par requête, avant qu'un concurrent ne prenne la place.