Le 15 octobre 2026, Google a annoncé davantage de liens dans AI Overviews et AI Mode, placés plus haut, et teste une section réservée aux une ou deux pages officielles qui répondent à une tâche précise. Pour une PME, l'enjeu dépasse le lien : il faut que Google sache quel site est le vôtre.
Qu'a annoncé Google le 15 octobre ?
Le billet s'intitule « More ways to connect with the web from Search ». Il est signé Hema Budaraju, vice-présidente produit chez Google Search. Il regroupe cinq changements, dont deux encore en test.
- Plus de liens dans le texte. Google dit avoir augmenté « de façon continue et substantielle » les liens insérés dans les réponses IA, et les affiche plus souvent en haut de la réponse. Aucun chiffre n'accompagne l'annonce.
- Une section « la bonne page web » (test). Pour les tâches où il existe une ou deux adresses officielles sur le web, Google teste un encadré en tête de réponse qui met ces liens en avant, avec une phrase expliquant pourquoi chacun est utile.
- Des carrousels d'actualité étendus. Les carrousels d'articles récents arrivent dans de nouveaux pays et de nouvelles langues, sans liste publiée. Ils mettent en avant les « sources préférées » choisies par l'utilisateur.
- Des liens de fin de réponse plus visibles. La rubrique d'articles liés gagne des vignettes et un design plus cliquable.
- Des noms de créateurs cliquables (test). Dans AI Mode, le nom d'un créateur ou d'un éditeur sous une vidéo renvoie vers son profil Search.
Un seul chiffre figure dans l'annonce : le nombre de personnes qui utilisent la fonction « sources préférées » a été multiplié par plus de 7 depuis le début de l'année. Google ne donne pas la base de départ.
Pourquoi Google remet-il des liens dans ses réponses IA ?
Parce que les données sur les clics sont mauvaises, et qu'elles s'accumulent.
En février 2026, Ahrefs a comparé le taux de clic de la première position sur 300 000 mots-clés, entre décembre 2023 et décembre 2025. Sur les requêtes qui affichent un AI Overview, le taux de clic du premier résultat est tombé de 7,3 % à 1,6 %. Ahrefs estime l'effet à -58 % par rapport à la tendance attendue, en précisant qu'il s'agit d'une corrélation, pas d'une preuve de causalité.
La preuve causale est venue d'ailleurs. Saharsh Agarwal (Indian School of Business) et Ananya Sen (Carnegie Mellon) ont mené une expérience randomisée auprès de 1 065 internautes américains, avec une extension Chrome qui masquait ou non le résumé IA. Résultat : l'AI Overview réduit les clics sortants vers les sites de 39,8 % et augmente de 34,5 % les recherches sans aucun clic. Les limites sont claires : États-Unis seulement, ordinateur seulement, panel de recherche, et un effet concentré sur les requêtes informationnelles.
Ajouter des liens est la réponse de Google à cette pression, venue des éditeurs comme des régulateurs. C'est aussi un aveu implicite : un résumé qui répond à tout n'envoie plus personne nulle part. Selon PPC Land, c'est la deuxième annonce de ce type signée par la même dirigeante cette année, après celle du 6 mai.
Un lien de plus ne change rien pour une entreprise qui n'est pas citée. La question utile n'est pas « combien de liens », mais « vers qui ».

Que change la section « la bonne page web » pour une PME ?
C'est l'annonce la plus importante, et la moins commentée.
Google la décrit ainsi : pour certaines tâches, il existe « une ou deux adresses officielles sur le web » pour accomplir l'action ou obtenir l'information exacte. Prendre rendez-vous chez un cabinet précis. Télécharger un formulaire. Suivre une commande. Consulter les horaires d'un magasin. Dans ces cas, Google ne veut plus résumer : il veut renvoyer vers la source qui fait autorité.
Pour afficher cet encadré, le moteur doit résoudre une question qui n'a rien à voir avec le classement : quel site est le site officiel de cette entité pour cette tâche ? Google doit relier une entreprise, son nom, son adresse, ses dirigeants, ses profils, et une URL précise sur son site. Si ces liens sont ambigus, la place va à quelqu'un d'autre : un annuaire, une plateforme de réservation, un comparateur, ou un homonyme.
Le cas est fréquent. Une PME qui porte un nom commun dans son secteur, un cabinet dont la prise de rendez-vous passe par une plateforme tierce, une entreprise rachetée dont l'ancien site existe encore : chacune risque de voir Google désigner une autre adresse comme « la bonne page ».
C'est exactement le terrain de l'ingénierie des entités. Le travail ne consiste pas à pousser une page vers le haut d'une liste. Il consiste à rendre l'identité mathématique de l'entreprise assez nette pour qu'un système IA n'ait aucun doute sur l'endroit où l'envoyer. L'article sur les AI Overviews sur les recherches de marque montrait que Google décrit désormais les entreprises avant d'afficher leur site. Ce test va plus loin : il choisit à leur place la page qui les représente.
Plus de liens, est-ce plus de clics ?
Personne ne peut le dire. Google ne publie pas le chiffre.
Le rapport de performance IA de la Search Console, annoncé le 3 juin 2026 et déployé progressivement, affiche des impressions issues d'AI Overviews et d'AI Mode. Pas de clics, pas de taux de clic, pas de requêtes, pas de position de la citation dans la réponse. Une impression y est comptée quand un lien vers le site est montré à l'utilisateur dans une fonction d'IA générative. Dans un AI Overview, le lien doit avoir été affiché à l'écran ou déplié.
Interrogé par Search Engine Roundtable le jour de l'annonce, Google a répondu continuer à travailler avec les propriétaires de sites pour comprendre « quelles informations seront les plus utiles », et prévoit d'ajouter d'autres métriques « avec le temps ». Barry Schwartz, qui dirige le site, résume la position des professionnels : la métrique qu'ils attendent, ce sont les clics.
Pour un dirigeant, la conséquence est pratique. Les tableaux de bord d'acquisition ne savent pas isoler le trafic venu d'un lien dans une réponse IA de celui d'un lien bleu. Une hausse des impressions IA dans la Search Console ne prouve rien sur le chiffre d'affaires. Il faut mesurer autrement : ce que la réponse dit de l'entreprise, quelles sources elle cite, et si le lien mis en avant pointe bien vers le site officiel.
| Ce que Google annonce | Ce que Google ne dit pas |
|---|---|
| Des liens « substantiellement » plus nombreux et plus hauts | Combien, et sur quelle part des réponses |
| Un test de section pour les pages officielles | Sur quels marchés, quelles langues, quelles dates |
| Des carrousels d'actualité étendus | La liste des pays et des langues |
| Usage des sources préférées multiplié par plus de 7 | Le nombre d'utilisateurs de départ |
| Des impressions IA dans la Search Console | Les clics, le taux de clic, les requêtes |

Comment devenir « le site officiel » aux yeux de Google ?
Aucun levier ne garantit l'encadré, et Google n'a publié aucun critère. Mais la logique du test est connue : désigner la source qui fait autorité pour une tâche. Cinq chantiers réduisent l'ambiguïté.
- Déclarer l'organisation sans équivoque. Un bloc
Organization(ouLocalBusiness) en données structurées, avec un@idstable, l'URL officielle, le logo, l'adresse, les fondateurs et des lienssameAsvers les profils réels : LinkedIn, fiche Google, YouTube, registre des entreprises. - Donner une page à chaque tâche. Prendre rendez-vous, demander un devis, contacter le service après-vente, télécharger une notice. Une URL dédiée, un titre qui nomme la tâche, le nom de l'entreprise dans la page. Si la réservation passe par un outil externe, la page du site doit l'expliquer et y renvoyer, pour que le site reste l'adresse de référence.
- Aligner chaque mention. Même raison sociale, même adresse, même téléphone, même URL sur le site, la fiche Google Business Profile, les annuaires et les réseaux. Une seule divergence suffit à créer un doute.
- Éteindre les anciennes adresses. Ancien domaine, mini-site d'une campagne, page d'un réseau de franchise : chaque URL concurrente qui parle de l'entreprise doit rediriger vers le site officiel ou disparaître.
- Exister ailleurs que chez soi. Google confronte ce que le site affirme avec ce que disent les tiers. Presse locale, fédérations professionnelles, partenaires : chaque mention cohérente confirme l'entité.
Pour les entreprises qui publient du contenu, deux annonces méritent un suivi. Les profils Search des créateurs, désormais liés depuis les vidéos dans AI Mode, et les sources préférées, qui concernent surtout les sites d'actualité mais montrent la direction : Google laisse l'utilisateur désigner les sources auxquelles il fait confiance. Une marque qu'on ne reconnaît pas ne sera choisie par personne.
Que surveiller dans les prochains mois ?
Trois points, dans l'ordre.
D'abord, l'arrivée du test en France. Google ne donne ni marché ni calendrier. L'arrivée d'AI Mode en France a montré que les fonctions IA du moteur traversent l'Atlantique en quelques mois. Le moment de préparer l'entité, c'est avant que l'encadré n'apparaisse sur vos requêtes, pas après.
Ensuite, la Search Console. Si le rapport IA est disponible sur votre propriété, relevez chaque mois les pages qui génèrent des impressions dans les réponses IA. Ce sont celles que Google associe déjà à votre entreprise. Si la page d'accueil y est seule, les pages par tâche manquent.
Enfin, les réponses elles-mêmes. Tapez les tâches que vos clients accomplissent : « prendre rendez-vous [nom] », « devis [nom] », « horaires [nom] [ville] ». Notez le lien mis en avant et l'URL vers laquelle il pointe, sur plusieurs jours. Ce relevé manuel est le seul indicateur fiable tant que Google ne publie pas les clics. Les cinq questions à poser avant d'acheter un outil de mesure aident à passer de ce relevé à un suivi régulier.
Le tableau de bord de visibilité IA de Watizi automatise ce suivi : il relève dans le temps ce que les moteurs disent d'une entreprise et vers quelles pages ils renvoient. Google remet des liens dans ses réponses. Reste à s'assurer que celui qui porte votre nom mène bien chez vous.
Sources
- Google, Hema Budaraju, More ways to connect with the web from Search, 15 octobre 2026
- Search Engine Roundtable, Google Updates Links In AI Mode & AI Overviews Again, Won't Show Click Data, 15 octobre 2026
- PPC Land, Google pushes links higher in AI answers as preferred sources use rises 7x, 18 octobre 2026
- Ahrefs, Update: AI Overviews Reduce Clicks by 58%, 4 février 2026
- PPC Land, AI Overviews cut publisher clicks 39.8% in first randomized study (Agarwal et Sen, SSRN), juillet 2026
- Search Engine Journal, Google reports AI search impressions: how to read them, 4 août 2026